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Galeaz Marie Duc de Milan, fils de François
Sforce, se laissá tomber en telle impudique lubri-
cité, qu'il violoit & les filles vierges, & aussi
les Dames d'honneur, & de vertu. Vice qui le ren[-]
dit tant odieus aus siens, & aus estrangers, ses
suiets, que finablement lui en print mal. Car vn
Courtisan Milannois, nommé André Lampu-
gnan auec deus autres ses adherens, se sentans par
lui trop ofensez, & mesmes ledit Lampugnan
(qui ailleurs ne pouuoit porter patiemment le
baye) coniurement ensemble sa mort. Laquelle
ayant entreprins Lampugnan entre les autres: et
neant moins n'osant aprocher ny ofenser la per-
sonne du Prince, duquel la grande beauté le rejet-
toit, & estonnoit: s'auisá d'un moyen pour as-
seurer. De maniere qu'il le fit preindre en vn Ta-
bleau au vif, contre lequel il donnoit de la dague
à toutes fois qu'il y pensoit. Et tant continuá ses
coups en cette façon de faire, que vn iour se voyant
tout acoutumé & asseuré de l'aprocher, & fra-
per, s'en va ensemble ses complices, trouuer ce
malheureus Duc dens vne Eglise, entre ses ar-
chers de garde, & la (ce nonobstant) s'auance,
comme voulant parler à lui, & sus ce soudaine-
ment le frappe de la dague trois coups au ventre
si rudement, qu'il tombe mort en la place. Et ain[-]
si finá ce vicieus Prince, lequel n'auoit iamais
bien entendu ce beau trait de Claudian: Qu'il
n'est meilleur guet, ny plus forte garde, que
fidele Amour, & estre aimé. Ores que lon
fust enuironné de mille dards, ou halebar-
des. Et à la verité, notre Createur, Dieu de ven[-]