$ TEXT_EXPL_XML
La plus grande recompense, ou plus grand loyer
que les antiques Rommains estimassent faire aus
Chefz d'armée, Empereurs, Capitaines, & Cheua[-]
liers victorieus, c'estoit de les gratifier & honno-
& degrez) de certeines belles Couronnes: qui ge-
neralement (à cette cause) furent apellées Militai[-]
res. Desquelles (pour auoir estées indice & ensei-
gnes de prouesse & vertu) les figures des princi-
pales & plus nobles, sont ci tirées en deuises: tant
a la louenge & memoire de l'antique noblesse,
que pareillement à la recreation, consolation, &
esperance de la moderne, aspirant & desirant aus-
si de paruenir aus gages & loyers, apartenans &
dediez aus defenseurs de la recommandable Re-
publique. La premiere donques mise en reng, re-
presentera la Trionfale: laquelle estant tissue du
verd Laurier, auec ses bacques, estoit donnée au
Trionfateur, auquel par decret du Senat, estoit li[-]
cite de trionfer parmi la vile de Romme, sur cha-
riot, comme victorieus de ses ennemis. Desquels
neantmoins lui conuenoit, auant la pompe, faire
aparoir de la deffaite, du nombre parfait de cinq
mile, en vne seule bataille. La susdite Couronne
trionfale, apres long trait de temps, (declinant
l'Empire) fut commencée à estre meslée, & variée
de Perles & Pierrerie, & puis entierement chan[-]
gée de Laurier naturel en Laurier buriné, & en-
leué, sus vn cercle d'or: comme se void par les Me[-]
dailles, de plusieurs monnoyes antiques.